Les flops d’Octobre et Novembre

The Square, de Ruben Östlund

Appâtée par la mention « palme d’or » – qui est souvent un gage de qualité, si on pense aux palmes récentes, telles The Tree of Life, La Vie d’Adèle, Moi Daniel Blake – je suis allée voir ce film pleine d’espoir, persuadée de l’adorer. Erreur. Le principal défaut du film est son total manque de rythme. C’est simple, il ne se passe quasiment rien et la séance se transforme vite en supplice. 2H20 d’auto-flagellation, pour entendre dire que l’homme se moque de ses semblables, que nous sommes des créatures individualistes et hypocrites, que l’art contemporain est parfois une vaste blague…. Merci, je crois que personne n’était au courant….

Le film critique cet art stérile et parfois ridicule mais est lui-même incroyablement vain. Bref, il ressemble à ce qu’il dénonce. Pour ne rien arranger, The Square est d’une grande prétention. On a l’impression que le réalisateur est constamment en train de regarder son nombril, persuadé d’être un génie. C’est simple, c’est comme s’il hurlait perpétuellement à la figure du spectateur: « que je filme bien, que je suis subversif. » The Square m’a tellement énervée que je suis allée voir un autre film dans la foulée, histoire d’oublier cette purge. Quand on voit que ce film a eu la Palme d’or face à 120 battements par minute ou Mise à mort du cerf sacré, il y a de quoi douter très sérieusement du jury cannois…

 

Justice League, de Zack Snyder

Et oui, je superpose The Square et Justice League, ce qui pourrait provoquer une crise cardiaque chez certain-e-s.

Attention spoilers dans ce qui suit:

Je n’ai jamais été une grande amatrice de DC ou de Marvel. Mais, de temps en temps, il faut avouer qu’il y a des films divertissants et bien réalisés. Justice League n’est que divertissant. A part ça, rien ne va, ou presque.

Le scénario est d’une simplicité confondante. Un danger arrive sur la terre, en la personne de Steppenwolf, un méchant uniquement fait en CGI, peu menaçant et frôlant le ridicule. Il veut s’emparer de boîtes (???) pour régner sur le monde. Voyez la profondeur de la chose. Alors, Batman réunit d’autres super héros pour se battre contre Steppenwolf. Deux trois scènes d’action plus tard et une résurrection qui tombe comme un cheveu sur la soupe, Steppenwolf est vaincu et tout revient à la normale.

On ne sent jamais de tension, de véritable danger dans ce film. Tout est attendu, du début à la fin. C’est simple: ce film n’a pas d’âme et flirte dangereusement avec le téléfilm. Aucune volonté artistique. Tout est rushé et manifestement fait pour rapporter le plus d’argent possible. Aucune scène d’action marquante. Beaucoup trop d’effets spéciaux et de fonds verts, aucun univers propre à ce long-métrage.

Les acteurs font ce qu’ils peuvent, avec des dialogues qui tombent souvent à plat. Il n’y a aucune alchimie entre les membres de l’équipe. Ben Affleck en Batman, tout engoncé dans son costume, n’est guère convaincant et ne pourra jamais faire oublier Christian Bale. Cyborg, Flash et Aquaman sont présentés bien trop rapidement pour qu’on puisse s’attacher à eux. Superman (Henry Cavill) joue excessivement mal. Sa moustache a été très mal effacée en post-prod, ce qui n’arrange rien. Le comble étant atteint lorsque, après avoir été ressuscité grâce aux membres de l’équipe, il revient devant sa maison en compagnie de Lois Lane (Amy Adams) et que celle-ci lui dit, le plus sérieusement du monde : « You smell good. » Ceci a provoqué l’hilarité générale dans la salle.

S’il ne fallait en sauver que deux, je retiendrais Flash et Wonder Woman, qui sont aisément les plus charismatiques et paraissent plus investis dans leurs rôles. Malheureusement, comme il fallait s’y attendre, le réalisateur a recours à des plans incessants sur les fesses de Wonder Woman, toujours vêtue des trucs les plus moulants possibles.

Bref, passez votre chemin. Allez plutôt voir Thor 3, qui est bien plus réussi…

 

Mother! de Darren Aronofsky

Jennifer Lawrence, qu’as tu été faire dans cette galère?

Grande déception, car le film commençait bien. Un huis clos ultra angoissant à la Rosemary’s Baby, bien interprété, avec une mise en scène efficace. Mais, malheureusement, dans la seconde partie du film, Mother! sombre dans le grand guignol et le ridicule. Le film devient atrocement lourd dans ses métaphores (Jennifer Lawrence en vierge Marie, accueillant son petit Jésus), constamment dans la surenchère. La très longue scène où les admirateurs de l’écrivain mettent à sac la maison est un supplice et est surtout proprement illisible. Tout va trop vite. On remarquera aussi une complaisance insupportable dans la violence, notamment un plan très long et totalement gratuit sur Jennifer Lawrence qui se fait frapper au sol.

Un ratage complet et étonnant de la part d’un réalisateur que j’estimais jusqu’alors…

 Gauguin: voyage à Tahiti, d’Edouard Deluc

Un biopic sur Gauguin et son voyage à Tahiti. Long et dispensable. On n’apprend rien sur l’artiste ou sur l’homme. Vincent Cassel fait du Vincent Cassel et ne s’efface jamais véritablement derrière le personnage. A aucun moment le cinéaste ne cherche à parler de son art, de ce qui le pousse à peindre, de ses sentiments face à ces nouveaux paysages. Pour couronner le tout, tous les aspects peu reluisants de ce séjour sont tout simplement effacés. Rappelons que Gauguin était un pédophile, qui a quitté femme et enfants pour aller à Tahiti, où il s’est marié  avec une jeune fille de 13 ans. Il a eu des relations avec plusieurs autres mineures par la suite. Le film ne présente donc pas du tout la vérité sur ce voyage…. Sur ce sujet, je vous invite à lire cet article et celui-ci.

 

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