Que voir en ce moment au cinema?

En ce temps de canicule, il y a peu de refuges, si ce n’est le cinéma. Quoi de mieux qu’une salle obscure et climatisée, avec de belles images qui défilent devant vous?

Voici quelques recommandations, ainsi que deux films à éviter.

Parasite

La Palme d’Or est, à mes yeux, toujours gage de qualité (Moi Daniel Blake, La Vie d’Adèle, The Tree of life, Elephant pour ne citer que les récentes). Il y a eu quelques ratés, bien sûr (The Square…..), mais cela est rare.

J’étais très sceptique avant de voir Parasite, estimant, dans mon amour incommensurable pour Terrence Malick, que seul son film méritait la récompense ultime. Après avoir vu le film coréen, force est de constater que le film mérite amplement ce prix.

Un conseil: renseignez vous le moins possible sur l’histoire de ce film. Ne lisez pas de critiques, le spoil étant vite arrivé.

C’est un chef d’oeuvre, impeccablement mis en scène, original dans son ton mêlant toujours le comique au tragique. Une tension énorme et un suspense intense irriguent tout le film. Belle photographie, finesse des dialogues, interprètes tous parfaits, particulièrement Song Kang-ho qui joue le père de la famille.

Un film politique, engagé, qui fait beaucoup réfléchir sur les rapports entre les classes, sur la lutte entre dominants et dominés. Difficile de sortir de cette séance sans s’interroger sur ses propres privilèges, sur les injustices sociales immenses qui existent dans nos sociétés. Parasite se déroule en Corée, mais le film pourra se passer n’importe où dans le monde.

Nevada

Etonnant de voir qu’une française a réalisé un film aussi américain – dans le bon sens du terme. Nevada raconte l’histoire d’un prisonnier mutique, qui participe à un programme de dressage de chevaux sauvages. Dit comme cela, cela ne fait pas forcément envie, surtout quand on est pas un-e grand-e fan de chevaux et de tout ce qui s’y rapporte. Mais c’était sans compter sur le grand talent de cette réalisatrice, qui arrive à faire passer beaucoup d’émotions à travers des images très simples, sans fioritures.

Le film doit aussi beaucoup à Matthias Schoenaerts, acteur brillant, qui peut décidément tout jouer. Rappelons tout de même qu’il est belge mais ici hyper crédible en prisonnier américain, à l’accent parfait et au charisme indéniable.

Grands espaces mis en valeur par une belle photographie, durée correcte (1h30), histoire intéressante et prenante, personnages attachants… Que demander de plus?

Le Daim

Attention, ovni cinématographique. En même temps, de la part de Quentin Dupieux, fallait-il s’attendre à autre chose?

Je suis fascinée par ses films, drôles, absurdes, dramatiques, le tout avec une grande dose de scènes glauques ou extrêmement gênantes. Soyez prévenu-e-s quant à la bizarrerie de ce film et son humour totalement unique. Comme pour Parasite, renseignez vous le moins possible sur ce film. Voilà, vous pouvez vous arrêter là et passer directement à Rocketman.

A mes yeux, Le Daim est plus réussi qu’Au Poste et se hisse presque au niveau de Réalité. Son histoire est pleine de rebondissements, le film ne va jamais là où on l’attend et se termine sur une chute très étonnante. Dupieux ne verse jamais dans la débilité totale ou le n’importe quoi généralisé. Il y a toujours un soupçon de sens derrière ces histoires, ici un commentaire sur notre société, sur la solitude, la maladie mentale, le cinéma…

Jean Dujardin est tout simplement fabuleux dans ce film. Son jeu est très subtil. On ne sait jamais si on l’on doit rire ou avoir peur de cet individu. Il était fait pour l’univers de Dupieux. Ah, quel style de malade

Rocketman

La comparaison avec le biopic sur Mercury est inévitable. Pour moi, Rocketman est l’anti Bohemian Rhapsody et lui est nettement supérieur sur le plan cinématographique. Bohemian Rhapsody n’adoptait aucun point de vue sur l’histoire de Mercury, la réalisation était d’une mollesse absolue, ne tentait rien, offrait une vision édulcorée et partielle de la vie du chanteur. Le film valait surtout pour l’interprétation de Rami Malek et les 15 dernières minutes.

Contrairement à son prédécesseur, Rocketman a des vraies propositions de mise en scène. Parfois un peu kitsch ou too much, certes, mais c’est après tout en accord avec la personnalité du chanteur. Certaines scènes restent en mémoire, comme le concert aux Etats-Unis, la scène de fin ou Sorry Seems to be the Hardest Word.

Un film rythmé, joyeux, tout en étant émouvant et assez profond, le tout avec une musique qui donne envie de chanter et danser. Saluons la belle prestation de Taron Egerton, qui interprète toutes les chansons lui-même!! Si ça, ça ne vaut pas un Golden Globe ou un Oscar…

Un petit bonus: Your Song, chantée par Elton John et Taron Egerton!

Deux films à éviter:

Je ne vous parlerai pas de Godzilla 2, Men in Black III ou Aladdin. J’ai fait le choix de ne pas aller voir ces films et je crois que je n’ai rien raté.

X-Men: Dark Phoenix

Je ne suis pas une grande amatrice de X-Men et de super héros en général, mais je vais quasiment tous les voir au cinéma. Ces films n’ont d’intérêt, pour moi, que s’ils sont vus sur un grand écran. On ne va pas les voir pour le scénario ou la performance des acteurs, mais pour le spectacle qu’ils offrent, pour la qualité des effets spéciaux, pour les quelques scènes épiques qui peuvent rester en mémoire.

De ce dernier X-Men, il ne reste quasiment rien après le visionnage. Aussitôt vu, aussitôt oublié. De nombreuses scènes complètement grotesques, quelques répliques d’une niaiserie confondante (de type: « my emotions make me strong »), une méchante qui frôle le ridicule (pourtant jouée par la géniale Jessica Chastain). Seules les 20 premières minutes, impressionnantes, ainsi que la musique signée Hans Zimmer, sont à sauver.

Tolkien

Je commence à me lasser des biopics, qui sont quasiment toujours affreusement conventionnels et plats. Mais celui-ci m’intéressait, car j’ai une connaissance limitée de Tolkien et n’ai d’ailleurs ni lu Le Seigneur des Anneaux, ni Le Hobbit. Au cours de ce film, on apprend bien peu de choses sur Tolkien, si ce n’est quelques éléments relatifs à sa famille, à sa femme et à ses amis. Il est fort dommage qu’on apprenne si peu de son processus créatif, de ses inspirations. Rien non plus sur sa foi catholique – à croire que cela est tabou.

Le film se concentre bien trop sur son histoire d’amour, au cours de scènes  mièvres à souhait. Rythme excessivement lent, aucune émotion, une réalisation en pilote automatique pendant 2h. Le seul mérite du film est de donner envie de s’intéresser un peu plus à cet écrivain.

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