Faut-il aller voir le dernier Woody Allen?

Un jour de pluie à New York

Parfois, je suis d’humeur masochiste et je me dis « tiens, si j’allais voir le dernier Woody Allen aujourd’hui? ». Je ne nie pas le talent qu’il a pu avoir par le passé, les beaux films qu’il a pu réaliser. Mais, ces dernières années, le cinéaste enchaîne les films tous plus anecdotiques les uns que les autres (à quelques exceptions près), répétant inlassablement le même scénario et les mêmes motifs (une ville à l’honneur, des riches blancs dépressifs et névrosés, des histoires d’amour qui se font et se défont, le tout avec des dialogues qui se veulent intelligents et une musique d’ascenseur).

Il est difficile de critiquer un réalisateur par principe, sans même avoir vu son film. Me voilà donc dans la salle obscure, avec un public d’une moyenne d’âge de 50 ans. Le signe que Woody Allen ne parle absolument pas à la jeune génération ? Sûrement, dans la mesure où il n’est pas moderne.

Un Jour de pluie à New York est raté, sans être pour autant insupportable. Il y a quelques rares moments drôles, quelques répliques bien senties. Les acteurs sont convaincants, malgré les piètres personnages qu’ils doivent interpréter.

L’histoire est mièvre, sans surprise et finalement assez ennuyeuse. Un vaudeville, qui enchaîne tous les clichés auxquels Woody Allen nous a déjà habitués par le passé. Les personnages n’ont aucune profondeur et sont très stéréotypés. Sachez que : les hommes trompent leur femme, les réalisateurs sont des alcooliques, les acteurs sautent sur tout ce qui bouge. Ok, Woody.

Les femmes sont cantonnées à deux rôles. Elles sont soit, à l’image du personnage d’Elle Fanning, des jeunes filles naïves, bêtes et maladroites, soit des prostituées. Les jupes sont courtes, très courtes et un prétexte ridicule est utilisé pour que l’héroïne se retrouve en sous-vêtements. Et la caméra s’attarde et s’en délecte… L’exemple même du male gaze, dont on parle beaucoup en ce moment. Bien sûr, Woody Allen n’atteint jamais les sommets d’Abdellatif Kechiche en la matière. Il n’est néanmoins jamais agréable de voir un film où les personnages féminins ont si peu de nuances.

Le tout est saupoudré d’une musique jazz sans intérêt. Aucune invention dans la mise en scène, Woody Allen est en pilotage automatique. Un film paresseux à souhait, qui plaira peut être aux inconditionnels du cinéaste, et encore…

Bref, passez votre chemin. En ce moment, c’est plutôt le cinéma français qui nous offre de belles choses, allez plutôt voir Deux Moi, Portrait de la jeune fille en feu ou Au Nom de la terre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *