Les 10 meilleurs films de 2021

L’année cinéma 2021 a été écourtée de 4 mois, durant lesquels les salles étaient fermées. Il y a néanmoins eu de grands films cette année et beaucoup de sorties marquantes. Voici donc un classement personnel et arbitraire des 10 meilleurs films de cette année.

Nomadland

Un film tout simple en apparence : une histoire assez classique sans grands rebondissements, peu d’effets de mise en scène, un style contemplatif qui prend son temps pour nous donner à voir la beauté de ce qui nous entoure. Chloé Zhao ne cherche pas à épater le spectateur, mais à transmettre des émotions, à nous offrir un morceau de vie de ces nomades américains, à atteindre une certaine forme de réalisme et de vérité. Longtemps après la séance, on garde en tête les superbes paysages américains, la musique d’Einaudi, les plans larges malickiens au coucher du soleil. On sort du cinéma les larmes aux yeux, avec l’impression d’avoir partagé la route de ces personnages et d’avoir aussi entamé son propre voyage initiatique. Voir ma critique.

Dune

L’impression de découvrir un nouvel univers, complexe et passionnant. Un film qui ne se complait pas dans l’enchaînement des scènes d’action pour faire plaisir au public, mais qui prend le temps d’expliquer, d’installer, de présenter les personnages et de construire son monde. On lui a reproché, d’ailleurs, d’être trop lent, de n’être qu’un long préambule avant de véritablement démarrer. Qu’importe ! On est complètement emporté par ce film, saisi par la bande originale d’Hans Zimmer, les superbes décors, le design des vaisseaux, les interprétations et les rares scènes d’action. Les films de Denis Villeneuve, comme ceux de Christopher Nolan, sont la preuve qu’on peut faire des œuvres accessibles à un large public, tout en accordant une grande importance à la mise en scène et à la beauté des images. Les mauvaises langues diront que je suis aveuglée par la présence de Timothée Chalamet dans ce film, mais, promis, c’est faux.

Illusions perdues

Les adaptations littéraires sont un exercice périlleux: on reprochera soit au film d’être une pâle copie de l’œuvre originale, soit de trop s’en éloigner et de ne pas l’honorer. Illusions Perdues semble être un parfait entre-deux : il respecte l’œuvre, tout en y apportant une grande modernité. Le film prend le parti de se concentrer uniquement sur la seconde partie du roman, « Un grand homme de province à Paris. » Ce film vous emporte, deux heures durant, dans le tourbillon du milieu des journalistes, dénonce ses bassesses, sa quête du scoop, sa corruption avec une mise en scène brillante et inspirée. Xavier Giannoli ose l’usage de la voix-off pendant quasiment l’intégralité du film: elle n’est jamais irritante car merveilleusement narrée par Xavier Dolan et est un savant mélange entre le texte d’origine et des passages qui font écho à l’actualité. C’est un grand film historique, avec sa riche reconstitution du Paris de la Restauration, ses élégants costumes, ses décors fastueux. C’est aussi une des plus belles fins vues cette année… Ce film a remporté un succès conséquent en France, signe qu’une adaptation littéraire, quand elle est bien faite, peut attirer le public.

Promising Young Woman

Un film passé un peu inaperçu en France, qui n’était pas aidé par son affiche, le présentant comme un « thriller féminin et frais », qui pouvait laisser penser à une comédie girly. C’est un film très sombre au contraire, choquant, qui sous des airs légers parle de sujets sérieux et graves. Certains spectateurs ont reproché au film d’être misandre, ces personnes n’ont manifestement pas compris le film ou ne l’ont pas bien regardé. Forcément, quand on s’attaque à la domination masculine et au viol, les réactions « not all men » sont à attendre. Un film dans l’air du temps, engagé, qui ose aller très loin pour dénoncer. Carey Mulligan est fabuleuse, en héroïne vengeresse. Elle aurait mérité l’oscar de la meilleure actrice. Le film a en tout cas eu l’oscar du meilleur scénario original. Une des « claques » de cette année : un film qui reste très longtemps en mémoire après l’avoir vu et que l’on souhaite faire découvrir à son entourage. Voir ma critique.

Le Dernier Duel

On aime d’autant plus les films dont on n’attend rien et qui nous surprennent. C’est le cas du Dernier Duel, qui pouvait faire très peur à première vue. Matt Damon et Ben Affleck au Moyen-Âge, avec des coupes de cheveux douteuses, tentant vainement de prononcer des mots français correctement, voilà qui n’était a priori pas très crédible. Mais ce film impressionne, grâce à sa construction brillante, qui nous mène à voir l’histoire sous trois points de vue différents et à comprendre, au fur et à mesure, la « vérité. » On y découvre aussi une comédienne géniale, Jodie Comer. La scène du duel est un petit chef d’œuvre de tension et de mise en scène. Il est réjouissant de voir Ridley Scott, 84 ans (!), faire un portrait de femme aussi sensible et moderne – on ne peut en dire autant de son autre film de cette année, House of Gucci. Le Dernier Duel n’a pas eu le succès qu’il méritait, et c’est regrettable.

West Side Story

A première vue, il semblait vraiment superflu de faire un nouveau West Side Story. De la part de Spielberg, on aurait préféré une histoire originale. Mais il faut avouer que le pari est réussi. La mise en scène est grandiose : c’est inventif, trépidant et surtout d’une beauté formelle incroyable. Bien sûr, le précédent film ne pouvait prétendre à une mise en scène aussi dynamique, aussi ambitieuse, avec une multitude de plan originaux. Quel tourbillon de costumes colorés, de décors, de danses. Par rapport à la version de 61, des changements notables et appréciables sont à noter : les personnages portoricains sont incarnés par des acteurs hispaniques ou latino-américains et ce sont les acteurs qui chantent. 2 actrices tirent leur épingle du jeu : Rachel Zegler, parfaite en Maria, toute en candeur et douceur, et Ariana DeBose, Anita touchante et survoltée. Bref, il ne faut pas se laisser avoir par ses appréhensions et donner une chance à ce film, qui est un des plus marquants de cette année.

Un Endroit comme un autre (Nowhere Special)

Comme Nomadland, c’est un film très simple dans sa réalisation, sans fioriture. Une histoire poignante: un père, qui se sait condamné par une maladie, doit trouver une famille d’adoption pour son fils. Ce n’est donc pas un film feel good, mais une magnifique oeuvre sur ce qu’on laisse derrière soi, sur la transmission et la parentalité. Les interprétations sont criantes de vérité et le petit Daniel Lamont est excellent (il est rare de voir des enfants qui jouent aussi bien au cinéma!). De nouveau, un film qui a fait très peu d’entrées en France. A découvrir donc en VOD quand il sera disponible…

Les Sorcieres d’Akelarre

Un film passionnant sur les chasses aux sorcières au XVIIème siècle, au Pays basque. La réalisation peu conventionnelle, très déroutante au début, avec son montage saccadé, sa caméra souvent à l’épaule, fait la force du film. On est loin du film académique en costumes. On veut véritablement que le spectateur se sente aux côtés de ces jeunes filles, injustement accusées d’être des sorcières. Bien sûr, toute cette histoire est très moderne: il n’est pas difficile de faire des parallèles avec ce que les femmes peuvent subir à l’heure actuelle. Le film est en grande partie en basque, ce qui fait aussi son charme. Ses actrices, inconnues et naturelles à souhait, sont aussi le grand atout du film. Attention, quelques scènes un peu difficiles à voir… 

Animal

Un documentaire vu à travers le regard de deux adolescents, Bella et Vipulan. Contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, le film ne porte pas que sur le monde animal mais sur l’environnement en général et sur l’impact que l’on peut avoir en tant qu’individu. Cyril Dion, Bella et Vipulan vont à la rencontre de citoyens qui essaient de faire changer les choses, des hommes politiques qui font évidemment la sourde oreille et de scientifiques qui nous alertent sur les conséquences de la crise climatique. Une séquence particulièrement marquante: une scène dans un élevage de lapins, où toute l’absurdité de l’élevage intensif est montrée. Cyril Dion ne tombe pas dans le manichéisme ou dans l’accusation de l’éleveur en question: il ne fait que se plier à des logiques de rentabilité et à la demande du consommateur. Un film particulièrement adapté à des adolescents qui pourront aisément s’identifier aux deux héros, mais aussi pour les adultes, car il traite, avec humilité et simplicité, de questions primordiales qui nous concernent tous.

Bac Nord

Beaucoup d’encre a coulé à propos de ce film. Nombre d’hommes politiques ont même considéré le film comme une illustration de leurs idées nauséabondes. Je ne rentrerai pas dans les débats qui concernent la représentation de ces quartiers à Marseille. Difficile de juger si cette représentation est irréaliste, quand on ne connait soi-même pas ces lieux. Seuls les habitants de ces quartiers et les forces de l’ordre locales pourraient nous dire ce qu’ils pensent du discours porté par ce film. Il faut à mon sens plutôt considérer Bac Nord comme un film d’action, nerveux, efficace de bout en bout, bourré de suspense. Il est très rare, en France, de voir des thrillers aussi prenants. Rien que la fameuse scène de l’assaut, avec son brillant montage et sa tension permanente, vaut le coup d’oeil. C’est pour ce genre de scènes qu’on va au cinéma.

Ils auraient pu figurer dans ce top: Une fois que tu sais, d’Emmanuel Cappellin, Les Intranquilles de Joachim Lafosse, Désigné Coupable (The Mauritanian) de Kevin Macdonald…

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